Практикум по стилистике современного французского языка. Синицын В.В. - 108 стр.

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l'information, ça peut se réduire à trois ou cinq mois” (3). Ses clients? Une
cinquantaine de marques ou agences de publicité internationales, dont elle préfère
taire les noms. “Ils veulent simplement des mots”, dit-elle. Des inédits.
Cette vampirisation de la planète boutonneuse par le jeunisme médiatico-
industriel est tout de même troublant. Car enfin la jeunesse n'est plus majoritaire
comme dans les années 60. Elle devient même carrément minoritaire, et ce ne sont
donc pas les ados qui consomment le plus ces tendances fraîches du marketing cool,
mais leurs parents et grands-parents. Faut-il alors comprendre que les tenants de la
génération du baby-boom qui ont inventé le “statut jeune” exigent d'en être encore et
encore les porte-parole et les mannequins attitrés? Qu'ils auraient donc besoin d'une
cure permanente de jouvence, d'une perfusion de mots et de formules casquette-
basquette, qui sont autant de signes distinctifs de ce magistère jeuniste? Sauf que ces
prélèvements répétés dans les dicos verlanisés et métissés semblent épuiser les
tchatcheurs créatifs, qui ne suivent plus qu'à reculons. De “femme” on était passé à
“meuf ” et l'on revient à “feume”. “Mère” avait donné “reum” et retourne aussi à la
case départ avec “meure”. Après l'arabe “zarma!” (ma parole!), le gitan “gadjo”
(mec), le wolof “gorette” (femme), l'américain de série В télé: “Il est Kojak!”, il n'y a
plus guère que le vieux français que le “céfran” (français moderne) peut “taxer”:
“maille” pour “argent”; “beau séant” pour “chute de reins”; “chabert” comme le
colonel de Balzac, pour “Français de souche”; “chiner” pour “voler”; “chauffer” pour
“énerver”; “basques ” pour “chaussures”... Déjà, les dialogues de “la Haine” sont
“cafards” (moins que rien). Encore un peu et Maurice Druon sera “Mururoa”
GUILLAUME MALAURIE
(1) Par Philippe Pierre-Adolphe, Max Mamoud, Georges-Olivier Tzanos, Mille Et
Une Nuits, 29 F.
(2) Voir la toute nouvelle édition de “Comment tu tchatches!”, par Jean-Pierre
Gouadailler, Maisonneuve et Larose.