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déjà ça très bien avant eux. L'obsession de l'interpellation et de l'invective les a, je
crois, coupés de la puissance poétique de la langue.
A. Rey. - Dommage, car la littérature a toujours été le meilleur relais des évolutions
de la langue. Pour l'argot parisien des années 30, il faut relire Céline. Et c'est quand
même Hugo, par la bouche de Gavroche, qui nous a laissé le meilleur témoignage de
l'argot de 1830.
P. Merle. - Je suis frappé aussi par la pauvreté des insultes actuelles. N'oublions
pas qu' “enculé!”, le toujours grand classique, est vieux d'un siècle! Or depuis, à part
“nique ta mère!”, qui a connu une certaine fortune et qui est une importation nord-
africaine, le reste est franchement faiblard. “T'as rien dans le disque dur!”, ça ne va pas
bien loin. Dans ce qui s'invente aujourd'hui, je ne vois pas grand-chose qui me ferait
descendre de bagnole.
Alain Rey. - Nous parlions de jeunisme tout à l'heure... L'injure qui me ferait
descendre le plus et que j'entends le plus, c'est “papy”! C'est quand même pas neuf!
Propos recueillis par
DANIEL GARCIA
et GUILLAUME MALAURIE
Pierre Merle vient de publier “le Dico du français qui se cause” aux Editions
Milan. Henriette Walter publie en novembre “le Français d'ici, de là, de là-bas” chez
Lattès.
Texte 4.
«Tchatchez-vous céfran?» («Parlez-vous français?»)
(Le Nouvel Observateur, 15-21 octobre 1998)
Même débité en rafales, le parler jeunes ne suit plus la demande qu’avec difficulté. La
pub, les télés et les radios guettent, sollicitent et récupèrent désormais la plupart des
expressions nouvelles, les dictionnaires du “ tchatcher contemporain ” se succèdent à
un rythme semestriel... Comme si les quadras et les quinquas s’ennuyaient ferme dans
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